

Acko, peintre autodidacte est née à Paris en 1961 dans un milieu ouvrier.
Suivant l’ambition parentale, elle passe un BTS de secrétariat trilingue. Puis en 1981, pour réaliser son rêve d’adolescente, elle démarre une formation de styliste de mode et de modéliste qu’elle finance par ses premiers revenus.
Rapidement le milieu de la mode l’ennuie. Elle commence à peindre en 1989.
En 2004 Acko part trois mois à Hô Chi Minh Ville et installe son atelier dans le quartier chinois de Chôlon. Elle passe ensuite les deux hivers suivants dans d’autres quartiers populaires de la ville. Elle en ramène une quarantaine de toiles grands formats inspirées de ses explorations des cultures vietnamienne et chinoise.
Acko utilise des matériaux trouvés sur place pour habiter ses toiles : papiers, métaux, bois, des éléments de récupération déchirés, collés ou cousus. La couleur, patinée à l’huile, est très présente.
Lors de son dernier séjour au Vietnam, elle travaille sur le thème du calendrier chinois.
Au retour, son atelier est devenu trop étroit, Acko s’installe dans un grand espace. Le bâtiment se peuple peu à peu d’artistes internationaux, la stimulation et l’exotisme sont à sa porte.
En astrologie chinoise, 2008 est l’année du rat : des rats humanoïdes à l’aspect assez ludique entrent en scène.
Fin de l’été 2008 : la fièvre O’Bama la gagne. On retrouve des extraits du discours de Martin Luther King ou des articles des droits de l’homme sur ses toiles. Elle part à New York pendant la campagne électorale et en revient totalement survoltée. Ses toiles deviennent bavardes et imprégnées d’optimisme. Elle invente son propre personnage sous la forme de son animal astrologique chinois, féminisé : la bufflesse, dialoguant, monologuant, revendiquant.
2009 est l’année du buffle, Acko-la-bufflesse devient le sujet de son travail. Tantôt fine et longue telle une figurine de mode mais dangereusement équipée de longues cornes et d’attributs sexuels métalliques. Tantôt ramassée en une forme puissante et bien campée prête à affronter le retour à la difficile réalité de l’époque. L’assemblage est quasi abstrait et s’inscrit dans un carré rappelant un idéogramme.
Il y a beaucoup d’interrogations dans le travail d’Acko, sur elle-même et ses rapports à l’autre, sur le monde. Elle triture le sentiment du moment, dramatise l’instant dans une conjugaison de la matière et de la couleur.
Une bidouilleuse de tout ce qui lui tombe sous la main : sans doute un resurgissement de son passé de technicienne du textile et de la peau.
Mots croisés : Gilles Rieu commente Les oeuvres d'Acko !
Mediathèque: Acko à Hô Chi Minh Ville !
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